Elephant in the room
Quand j’ai lu Frankie Addams de Carson McCullers pour la première fois, j’ai su dès les premières lignes que cette histoire allait être importante dans ma vie. On l’étudiait en cours de littérature, quand j’étais en fac d’anglais et que je faisais n’importe quoi. J’ai encore en tête l’intonation de la professeure quand elle prononçait le mot freakishness, et à quel point celui-ci résonnait en moi d’une manière presque solennelle. J’ai dix livres qui m’attendent mais j’ai envie de relire Carson McCullers. Je suis toujours heureuse quand je retrouve cette freakishness dans d’autres personnages, j’en ai tout un tas en stock.
Aujourd’hui, j’ai fait du travail en perruque : j’ai utilisé le matériel du boulot pour imprimer des images qui m’obsèdent depuis trop longtemps, dans le but de me remettre à dessiner. J’ai acheté une grosse boîte de crayons chers l’année dernière, il est temps de m’en servir. C’est toujours comme ça, il faut que je ressasse des trucs jusqu’à l’épuisement avant d’en faire quelque chose. Et au final, tout ce que je fais part du travail des autres. Je n’ai jamais vraiment su inventer des choses, je suis plutôt du genre éponge ou tube digestif. C’est parfois frustrant, mais sans doute pas si grave au fond.
J’ai lu avec du retard cette note de La Lune Mauve où il est question du club du cringe, d’après un commentaire que Stenia a laissé sur ma première publication ici. Incroyable, me dis-je, il aura donc fallu que je me remette à écrire des bribes de trucs sur internet à 38 ans pour qu’un club me tende les bras, comme ça, sans que je ne fasse des pieds et des mains pour y entrer (alors que je me serais plutôt vue traîner autour de la porte, en effet). Mais j’ai envie de remercier tout le monde pour l’accueil, je me sens plutôt à ma place dans le club du cringe. Genre, là, j’écris, et y a des gens qui viennent lire. Incroyable.
En fait, il est tout à fait possible que j’appartienne aussi a un autre genre de club. Un faisceau d’indices concordants me mènent vers une hypothèse en cours de vérification, je mène l’enquête avec ma loupe et mon imper pour savoir comment nommer l’éléphant dans la pièce. Je vous tiendrai au courant.

J'adore le concept du club du cringe, moi qui me sentais encore gênée de bloguer à mon grand âge (je suis à peine plus âgée que toi), j'ai désormais l'impression de faire partie d'une commu qui résiste.
RépondreSupprimerJe me suis noté Frankie Addams dans ma wishlist parce que tu me l'as bien vendu. Perso j'ai découvert Carson McCullers non pas à travers ses écrits mais via Suzanne Vega qui lui a consacré un concept album en 2016 : Lover, Beloved : Songs from an Evening with Carson McCullers. A cette époque je chroniquais des disques bénévolement pour une revue régionale et je pouvais choisir, ça m'a attiré direct. Je sais même pas pourquoi je ne l'ai toujours pas lue à ce jour.
Je ne connais pas cet album de Suzanne Vega, je l’écouterai ! En tout cas c’est une lecture que je recommande les yeux fermés. McCullers était elle-même un personnage assez fascinant, si tu la lis et que tu veux aller plus loin il y a l’essai "Carson McCullers et moi" de Jenn Shapland qui est très beau aussi.
SupprimerEt ouais, ça me fait plaisir d’appartenir à cette commu qui résiste, comme tu dis. C’est vraiment agréable de suivre les écrits des unes et des autres, ça m’avait manqué.
Je suis déjà entrain de préparer mes crayons de couleur et ma pancarte pour te dire bienvenue dans cet autre club (sait on jamais, hein, qu'on partagerait le même ahah).
RépondreSupprimerAhah, ça se pourrait bien oui. Trop contente que tu sois revenue !
Supprimerbienvenue dans le club. on est bien, on est vieux et on se croit en 2004.
RépondreSupprimerLe sujet du probable éléphant dans la pièce m’occupe pas mal l’esprit en ce moment aussi. C’est sans doute un biais de confirmation, mais j’ai l’impression que toustes mes amix ou presque en ont un aussi. D’ailleurs, quitte à continuer à parler de ce sujet sans avoir la certitude que l’on parle exactement de la même chose, même si mes antennes me disent que oui, peut-être que le blogging est un bon moyen d’expression quand on est dans cette situation, justement. Personne ne peut nous rabattre le caquet si on rentre dans un long tunnel monomaniaque sur notre lubie du moment. Et, franchement, ça fait du bien.
RépondreSupprimerIl y en a beaucoup autour de moi aussi, on en parlait avec une amie concernée récemment, je pense que les gens convergent vers celleux avec qui iels se sentent à l’aise, peut-être qu’à nos âges c’est encore plus flagrant… pour ma part c’est encore une hypothèse pour l'instant et peut-être que je me trompe (d’éléphant huhu), mais ça fait longtemps que ça traîne dans un coin de ma tête. Et en effet, le blog permet de déposer des choses quelque part sans avoir l’impression de gonfler tout le monde. Quel soulagement.
SupprimerAlies e soñjan ar memestra diwar-benn krouiñ. Ne gav ket din em befe kalz traoù "da lavar" na kalz a ijin. Met plijout a ra din (KALZ) oberennoù an dud all hag ul levezon o deus a lak ac'hanon da grouiñ a-wechoù.
RépondreSupprimerNe gav ket din e vefe grevus nann.