I've got 99 ghosts, none of which I vibe with


Jusqu’ici, 2026 a une gueule de crise existentielle. J'ai trop peur de la douleur physique donc je choisis la thérapie plutôt que la boxe, même si en ce moment j'aimerais beaucoup avoir des aptitudes à la bagarre pour aller éclater des fachos. En essayant de me déchiffrer sous un autre angle, je crois que je commence à mettre le doigt sur des choses que je ne voyais pas forcément jusqu'ici. C'est super cryptique ce que je raconte mais on s'en tiendra là pour l'instant. Mon cerveau ressemble actuellement à ces tableaux d'enquêtes avec des éléments reliés par des grosses ficelles rouges. Depuis longtemps, chaque fois qu'un de ces tableaux apparaît dans un film ou une série, je fais une capture d'écran mentale (je ne sais pas s'il y avait un Tumblr consacré à ça, j'en ferais un si c'était encore la mode des collections d'images sur des thèmes random).

Je redécouvre le plaisir de lire les blogs des autres. Mon écriture me complexe mais ça me fait du bien d'écrire alors je continue. Je ne prête aucune importance à la concordance des temps. J'abuse des indicateurs de modération dans mes phrases, comme si je ne m'autorisais pas des affirmations claires, nettes et précises : "un peu", "parfois", "sans doute", pour qu'on sache que j'ai bien conscience de ne pas avoir pas la science infuse, des fois que ce soit pas évident. Comme si j'étais une personne modérée, quelle bonne blague. J'essaie de modifier ma manière de procéder. Plutôt que de réfléchir mille ans puis écrire d'une traite sans regarder en arrière, je démarre une note au brouillon et je la laisse prendre forme en revenant dessus jusqu'à ce que je décide que c'est terminé, et ça me donne l'impression d'avoir accompli quelque chose. Je me rends compte aussi que toutes les images que je choisis pour illustrer mes notes représentent des personnes costumées (c'est drôle, je n'y prêtais pas du tout attention jusqu'ici). Au bout de 5 fois, on peut appeler ça un motif récurrent.

Parmi les choses vues ces derniers jours il y a 28 Years Later : Bone Temple, qui bien qu'un peu décevant m'a confirmé que j'avais un truc pour les Anglais chelous portant des perruques. J'aurais aimé avoir plus de temps pour détailler les traits de Jimmy Shite, dont j'ai trouvé le visage fascinant. Le lendemain, j'apprenais par hasard que l'acteur qui l'incarne va jouer dans un film aux côtés d'Ewan Mitchell (si je ne cite pas son nom tous les jours je m'autodétruis apparemment, sorry not sorry, "it'll pass" comme dirait l'autre), c'est bien le genre de choix que je ferais si j'étais réalisatrice. J'ai aussi découvert le compte Insta de la fille de Kimya Dawson, qui fait des études d'illustration et qui a l'air de partager ma passion pour ces visages-là. Je suppose qu'on fait partie de la même catégorie d'esthètes. Quand j'étais étudiante en art, l'illustration était presque un gros mot que les enseignant·es prononçaient avec un air dédaigneux, alors je me suis lancée dans des choses plus conceptuelles, en accordant toujours une très grande place à l'approximation et à l'échec. Aujourd'hui, en pensant par exemple aux portraits d'Elizabeth Peyton, je me dis qu'il faudrait que je me remette à travailler sur ce genre de formes plutôt que d’essayer de couper les cheveux en quatre. Il faudrait aussi que je me remette à lire de la théorie, mais je dois bien avouer que j'ai la flemme.

Ces temps-ci, une de mes parades favorites pour ne pas trop penser à l'actualité cauchemardesque est de regarder Pushing Daisies, une série infusée de cette esthétique démodée que j'appellerais "whimsy 2000", qui fait très bien le job de machine à remonter le temps. On y retrouve un peu de Big Fish, de Gilmore Girls, et pourquoi pas un côté Amélie Poulain (mais dans le bon sens du terme). Je soupçonne les scénaristes d'Only Murders in the Building d'y avoir puisé quelques éléments d'inspiration. Du réconfort en carton-pâte pour trentenaires névrosé·es, qui donne envie de manger une bonne part de tarte aux pommes tiède avec une boule de glace à la vanille. Un couple incarné par Lee Pace et Anna Friel, qui dépasse toutes les limites de la mignonnerie. Des blagues sur la mort (mes préférées). La satisfaction de voir les personnages régler leurs problèmes un pas après l'autre, en remettant en question leurs schémas et en prenant conscience de leurs défauts. Une tante excentrique avec un cache-œil qui entre dans ma liste de personnages cool avec un cache-œil. Et un chien, parce que c'est toujours mieux quand il y a un chien.

Commentaires

  1. pardon mais faire revivre nos tumblrs est mon deuxième combat (après celui du blog) donc vas-y, n'hésite pas à en ouvrir un sur les tableaux à grosses ficelles. je suis cliente.

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  2. Haha merci pour cet enthousiasme, peut-être que je le ferai à un moment

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  3. Sténia a raison, fais un tumblr avec tes tableaux à grosses ficelles. Tu seras un peu notre documentaire True Crime mais sans cadavre :D (Pour l'instant...)

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  4. C’est toujours cool d’avoir du soutien dans mes petits projets à la con

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  5. Bon c'est pas très original, surtout pour un premier commentaire, mais ma première réaction a AUSSI été de me dire que j'adorerais pouvoir suivre ce tumblr. Je garde un merveilleux souvenir de celui qui rassemblait des photos de devantures de coiffeurs type C dans l'hair ou Diminu'tifs <3

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    1. Diantre ! Une autre amoureuse du franponais !!! <3 J'ai encore une collection de photos chinées dans un fou rire sur Tumblr !!! Bref, Frankie, ouvre ce tumblr, meuf.

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    2. Moi je kiffe celui sur tous les pulls de Lucy dans Twin Peaks. Bon, je vais recommencer à collectionner des images alors <3

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    3. Je viens de repenser à ta note et cette série de photos de personnes costumées et leur signification. Je me rends compte que je fous plein de photos de gens ayant eu une addiction en cours, dans mon cas. Je pense qu'on va se donner RDV en thérapie lol.

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    4. On a toustes des patterns plus ou moins conscients j’imagine, c’est le genre de trucs que j’adore observer

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  6. Ce Tumblr a d'autant plus besoin d'exister que j'en ai vu un dans un feuilleton débile il y a quelques jours. Je me suis dit que ce trop était incroyable, on le voit partout, et dans une fiction française j'ai trouvé ça stupide alors que les Américains en usent et en abusent. Après c'est sûrement un élément scénaristique qui nous permet d'accéder physiquement aux pensées des personnages. Enfin vite fait quand même.

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    1. Mais oui c’est drôle, alors que je suis sûre que cet objet a une existence très limitée dans le monde réel. Je suis frustrée de ne pas avoir réellement compilé toutes les occurrences que j’en ai vues, du coup. Mais si vous voulez m’en envoyer je suis preneuse !

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  7. geekezig8/3/26 12:25

    Tumblr a oa dreist neuze, perak ket ?
    Poltredoù Elizabeth Peyton a blij din, trugarez !
    N'am eus james gwelet eil bloavezh Pushing Daisies bet plijout a rae din koulskoude! "whimsy 2000" a zo un tamm ma vibe d'am soñj...
    D'am soñj eo pouezusoc'h skrivañ eget ober traoù peurvat. Peadra zo da gempleziañ, sur, met bon.

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    1. War a seblant ur bern tud vefe laouen ma rafen an Tumblr-se hehe.
      Eil lodenn Pushing Daisies ’zo plijus, ha klevet ’m eus e vefe marteze unan nevez o tont ? 2026 n’eo ket ken whimsy met bon, perak ket.
      C’hoant ’m eus ober ur bern traoù (skrivañ, tresañ hag all) ha ne ran netra, pfff.

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